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Iran-Le guide suprême Ali Khamenei tente de répondre à la colère des manifestants
information fournie par Reuters 03/01/2026 à 15:17

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a tenté samedi de répondre à la colère de ses concitoyens manifestant contre la hausse des prix, qui ont reçu le soutien du président américain Donald Trump.

Les organisations de défense des droits humains ont signalé une forte augmentation des arrestations alors que des manifestations liées à l'inflation galopante secouent le pays depuis plusieurs jours.

Dans une intervention télévisée diffusée samedi, Ali Khamenei affirme que la République islamique "ne cédera pas à l'ennemi" et que les émeutiers devront être "remis à leur place".

Selon des organisations de défense des droits humains, une dizaine de personnes ont été tuées et des dizaines d'autres arrêtées lors des manifestations qui ont éclaté depuis dimanche, alors que l'effondrement de la monnaie iranienne, le rial, frappe une économie déjà fragilisée par les sanctions.

Une vidéo diffusée par des groupes de défense des droits humains, que Reuters n'a pas pu immédiatement vérifier, montre des Iraniens appelant leurs compatriotes à descendre dans la rue. "Nous ne voulons pas de spectateurs : rejoignez-nous", disent-ils.

CRISE ÉCONOMIQUE

Face à ces troubles, les autorités ont affirmé que les manifestations liées à l'économie étaient légitimes et appelaient le dialogue, mais certains rassemblements ont donné lieu à des affrontements et les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes.

"Les commerçants des bazars avaient raison. Ils ont raison de dire qu'ils ne peuvent pas faire des affaires dans ces conditions", a déclaré Ali Khamenei en référence aux inquiétudes exprimées par les commerçants face à la chute de la monnaie.

« Nous allons dialoguer avec les manifestants, mais parler aux émeutiers est inutile. Il faut remettre les émeutiers à leur place », a-t-il ajouté.

Les violences se sont concentrées dans de petites villes des provinces occidentales de l'Iran, où plusieurs personnes ont été tuées, selon les médias d'État et des organisations de défense des droits humains. Les autorités ont annoncé la mort de deux membres des forces de sécurité et une douzaine de blessés.

Hengaw, un groupe kurde de défense des droits humains, a déclaré vendredi soir avoir identifié 133 personnes arrêtées, soit 77 de plus que la veille.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis étaient "prêts à intervenir", mais n'a pas précisé quelles actions ils pourraient entreprendre contre l'Iran.

Les Américains ont mené des frappes aériennes l'été dernier, accompagnant des opérations israéliennes visant les sites nucléaires et les dirigeants militaires iraniens.

La menace de sanctions accroît la pression sur les dirigeants iraniens, qui traversent l'une des périodes les plus difficiles de ces dernières décennies, alors que l'économie se contracte et que le gouvernement peine à fournir de l'eau et de l'électricité dans certaines régions.

Depuis le début en 2023 de la guerre à Gaza entre son allié le Hamas et Israël, l'Iran a subi une série de revers stratégiques majeurs qui ont porté atteinte à sa position régionale.

Les frappes israéliennes ont durement touché le Hezbollah, principal allié régional de l'Iran. Bachar el-Assad, proche allié de Téhéran, a été renversé en Syrie.

Les frappes israéliennes et américaines contre l'Iran ont aussi freiné son coûteux programme nucléaire et provoqué la mort de hauts responsables militaires.

Ces manifestations sont les plus importantes depuis les grands rassemblements de fin 2022 déclenchés par la mort en détention de la Kurde Mahsa Amini. Si l'ampleur des manifestations de cette semaine est moindre, elles n'en constituent pas moins le défi le plus difficile à relever pour les autorités sur le plan intérieur depuis trois ans.

(Reportage du bureau de Reuters à Dubaï ; version française Elizabeth Pineau)

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